Kinavana

Kinavana
Artiste :Congo - Kékélé
Album :Kinavana
Date de sortie :2009
Genre :Rumba
Pays :Congo
Description :Pour son troisième album, Kekele a choisi une nouvelle direction : la recherche des racines de la rumba !

Notes :

Chaque continent a sa rumba. A Cuba, le mot désigne un genre créé par les descendants d’esclaves, dansé, chanté en chœur et accompagné par des percussions. Aux Etats-Unis, «rhumba», avec un h (allez savoir pourquoi) est l’étiquette collée à toutes les musiques cubaines dès les années 20, à la suite du succès de El Manisero, la chanson de Moisés Símons. En Espagne, la rumba est une branche mineure du flamenco, influencée par les rythmes afrocubains et méprisée par les puristes. Et il existe une autre rumba, née sur les deux rives du fleuve Congo, fille de la passion des Africains pour les musiques venues des Caraïbes. Bien avant le rock’n roll, la musique cubaine a conquis la planète grâce aux moyens de diffusion de masse, la radio et le disque. Quand le son, la guajira, le boléro ou le guaguanco sont arrivés en Afrique, les Africains leur ont trouvé un air de famille, les ont adoptées puis, très vite, s’en sont inspiré.

 Le succès des deux premiers CD de Kekele, Rumba Congo en 2001 et Congo Life en 2003, ne doit pourtant pas grand chose à la nostalgie. Pour le public occidental comme pour les jeunes Africains, cette musique est nouvelle. Et les membres du groupe ont tenu à composer de nouveaux morceaux, afin de recréer l’esprit de la rumba, et non imiter ce qu’elle était il y a quarante ou cinquante ans. Ce qui n’empêche pas les hommages respectueux : le medley de Grand Kallé sur Rumba Congo, puis celui d’OK Jazz sur Congo Life, en témoignent.

Quelques invités de prestige se joignent à la danse : Madilu System, lui aussi ancien chanteur de l’OK Jazz (il a interprété Mario, un énorme tube du groupe de Franco), et Mbilia Bel, une des plus grandes voix d’Afrique. Elle participe à Ba Kristo, l’adaptation du fameux Carretero dont le texte en lingala, création collective de Kekele, est une réponse à la campagne menée dans une grande partie de l’Afrique par les églises évangélistes, qui jettent l’anathème sur toute musique autre que religieuse. Pour parachever le tableau, Manu Dibango arrive avec son saxophone et se replonge dans l’époque où il jouait avec l’African Jazz : il intervient sur cinq chansons. Ne reste plus qu’à trouver un titre : ce sera Kinavana, un mot inventé qui réunit Kinshasa et La Havane.

Les spécialistes du flamenco classent la rumba dans la catégorie des chants «de ida y vuelta» : d’aller et retour, car ils ont évolué au gré de voyages et d’échanges de part et d’autre de l’Atlantique. Les rumbas de Kekele, celles de ce disque en particulier, correspondent parfaitement à cette définition. En lingala, aller et retour se dit : « kokende kozonga ».